Fusillade de Carcassonne
Alors que les journées "portes ouvertes" du 3 e régiment parachutiste d'infanterie de marine (RPIMa) battaient leur plein depuis samedi, à Carcassonne, la fin d'après-midi, hier, a été marquée par un drame épouvantable, qui s'est déroulé sur le terrain de sport des "paras", situé juste en face de la caserne Laperrine. Au cours de la dernière démonstration de tir au fusil d'assaut Famas, des munitions réelles, et non à blanc, ont été tirées, blessant ainsi dix-huit personnes, dont quatre grièvement. Parmi elles, un adulte et une fillette de 3 ans sont dans un état très critique. Cinq enfants et deux paras ont été touchés. Selon nos informations, dix militaires ont été placés en garde à vue.Comment un soldat a-t-il pû blesser 17 personnes, dont quatre gravement, dimanche soir, lors des journées portes ouvertes du 3e RPIMa, alors que cette démonstration était sensée être sans danger pour le public ?
La question qui était sur toutes les lèvres a trouvé une réponse, lundi midi, lors de la conférence de presse du procureur de la République de Montpellier, Brice Robin. "Il s’agit d’une erreur humaine et absolument pas d’un acte prémédité, a expliqué le procureur. Des premières déclarations du sergent de 28 ans, il ressort qu’il s’est trompé lorsqu’il a rechargé son arme. Il l’a rechargé avec des balles (réelles) qui provenaient d’un résidus de tirs d’une opération datant de fin juin. Il n’aurait jamais dû être en possession de balles réelles. C’est pour cela qu’il est en garde à vue".
Onze hommes appartenant au Groupe des commandos parachutistes (GPC) avaient été placés en garde à vue dimanche soir. Sept hommes avaient été libérés dans la nuit, à 3 h du matin. Trois autres ont été relâchés aujourd'hui. Le sergent responsable des tirs à balles réelles reste seul en garde à vue. Le procureur a annoncé que cette garde à vue allait être prolongée de vingt-quatre heures.
Ce militaire qui se trouve depuis huit ans au "3" devrait être présenté mardi devant un juge d’instruction de Montpellier. "Nous demanderons qu’il soit mis en examen pour le délit de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale supérieure à trois mois", a déclaré le procureur. Il a ajouté qu’il retiendrait "vraisemblablement une circonstance aggravante", le militaire ayant " violé les règles de sécurité". Brice Robin a précisé : "l’étude de la chaîne des responsabilités se fera dans un deuxième temps. C’est pourquoi on ouvre une information judiciaire pour que le juge d’instruction puisse définir les différentes responsabilités éventuelles...
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